Belpech : citadelle du catharisme

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Le Castelas

 

Le site du Castelas recèle 4 époques d’occupation :

A l’époque gauloise un temple, tout au moins un lieu religieux à la gloire de Bèl ou Belenos, le dieu du jour et de la lumière.

A l’époque médiévale un château castral qui a été occupé du 11e au 14e siècle par une puissante  famille, les Belpech appelés aussi Fort ou Fors, alliée des maisons de Foix et de Carcassonne.

Au 14e siècle (1344), une chapelle dédiée à ND du Rosaire qui abritait une statue d’argent en majesté vénérée de toute la contrée.

Au 17e siècle, un séminaire a été fondé sur le versant sud ayant pour église la chapelle votive.

 

Des sondages appropriés permettraient de confirmer la présence d’un édifice très ancien sur l’emplacement duquel a été édifié le château-fort ou capcastel à la fin du 11e siècle.

 

Des sondages désordonnés effectués dans les années 1950-1960 par une équipe de jeunes volontaires mais inexpérimentés ont mis au jour plusieurs strates de cendres, preuves de violences ou de sinistres survenus durant l’occupation médiévale.

 

Ce site, propriété privée comme de nombreux sites dans notre département de  l’Aude, garde divers secrets qu’il serait temps de mettre en lumière. Pour cela, il faut un projet de réhabilitation qui passe par la concertation, une étude de faisabilité et un budget.

De nombreuses solutions sont mises en place depuis plus de vingt ans en partenariat avec diverses collectivités territoriales, d’associations loi 1901, communes, Conseil général, Conseil régional, Etat et Europe. Ces sites ont permis une vraie dynamique économique et touristique pour la survie de certains villages, pour d’autres de créer de l’emploi, de le stabiliser et par la suite d’amener une référence touristique importante à travers des marques et des labels.

 

 

Extrait du Mémoire de Master 2 d’études médiévales sous la direction de Roland Viader et Hélène Debax – septembre 2010 – soutenu par Clémentine Bollée-Legeas intitulé « Seigneurs et seigneuries à Belpech(Aude) (XIe-XIIIe siècles) ».

 

Les seigneurs de Belpech face à la croisade Albigeoise

 

Nous admettrons donc que durant les dernières années du XIIe et les premières du XIIIe siècle, les relations entre l’évêque de Toulouse et Raimond Fort se sont fortement dégradées, peut-être à cause des différents biens qu’ils tenaient en gage l’un de l’autre, mais aussi d’éventuels nouveaux débordements de Raimond Fort envers l’Eglise.

            Raimond Fort III était donc en très mauvais termes avec le clergé local. De plus, l’entourage des seigneurs de Belpech se compose du comte de Foix et de quelques membres des grands lignages fuxéens touché par l’hérésie. Quant au lignage des seigneurs de Belpech, il est possible qu’un de ses membres ait embrassé l’hérésie cathare. On trouve en effet dans les enquêtes inquisitoriales réalisées à Maireville, en novembre 1245, la présence d’une certaine Agnès de Belpech, mère de Bertrand. Elle serait une hérétique qui fut moniale, puis parfaite à Brie. Sans conjecturer davantage sur le probable penchant de certains membres du lignage des Belpech pour l’hérésie cathare, il est fort probable au vu de ces différents éléments et de l’importance de leur seigneurie, que le départ de la croisade menée par Simon de Montfort pouvait inquiéter les seigneurs de Belpech et leur seigneurie.

            Entre 1209 et 1214, Simon de Montfort et ses troupes de croisés parcourent un certain nombre de fois les environs de Belpech. En 1209, les croisés prennent Limoux, Mirepoix, Saverdun et Pamiers. En 1211, Simon de Montfort organise une expédition punitive dans le comté de Foix qui passa par Auterive, Varilhes et enfin Foix. En 1212, après avoir été perdu, Saverdun est repris par les croisés. En 1213, Simon de Montfort se rend à Saverdun et à Boulbonne avant la bataille de Muret. Trois années plus tard lorsque le comte de Toulouse, le comte de Foix et Roger Bernard son fils, marchent ensemble vers Toulouse, ils rencontrent Simon de Montfort qui venait de soumettre Mazères. Malgré ces nombreux allers et retours, pas une seule fois Simon de Montfort ne semble s’être attaqué au castrum de Belpech et ses puissants seigneurs, ni même s’y être arrêté.

            À la suite de la mort de Simon de Montfort en 1218 et après le découragement de son fils Amaury, le roi Louis VIII reprend le flambeau de la croisade. C’est en 1226, après que ce dernier a reçu la soumission de Pamiers, que nous rencontrons la première mention du castrum de Belpech. Lorsqu’il repartit pour la France, le roi s’y arrêta pour y recevoir l’hommage de Nunez Sanche, le comte de Roussillon, de Conflent et de Cerdagne. Peu de temps après la mort de Louis VIII, les comtes de Foix et Toulouse récupèrent la majorité de leurs possessions et le jeune Trencavel, nouvellement rétabli, choisi de mettre Limoux et le Razès sous la protection de Roger Bernard, le comte de Foix. En 1229, à la suite de violentes attaques des armées de France, le comte de Toulouse négocie le traité de Meaux. Par celui-ci il abandonne au moins la moitié de ses terres au roi. Dans ce traité il s’engage également à combattre le comte de Foix. Ce dernier se soumit quelques mois plus tard. Il remit au roi les châteaux de Montgrenier, de Montréal-de-Sos, de Lordat et de Foix qui lui seront confisqués pendant 5 ans.

            Malgré les inquiétudes qu’étaient en droit de nourrir les seigneurs de Belpech à l’aube de la croisade, et les troubles d’une rare violence qui se sont déroulés dans leur voisinage, dans les années 1209-1213, ni Simon de Montfort, ni son fils, ni le roi de France, ne semblent avoir essayé de conquérir Belpech ou de soumettre ses seigneurs. De plus, une parente des seigneurs de Belpech entre dans un établissement réputé pour son « orthodoxie catholique », en 1211. Enfin, le roi de France, comme à Pamiers, ne semble trouver aucune rébellion à Belpech, lorsqu’il décide de s’y arrêter. On est alors en droit de s’interroger ; Belpech n’avait-il pas besoin d’être soumis parce qu’il était déjà rallié à la cause des croisés ou ses seigneurs avaient-ils fait en sorte d’obtenir une sorte de protection ? On ne peut s’empêcher d’y voir un lien en évoquant à nouveau la charte de 1244, qui mentionne l’évêque de Toulouse comme seigneur supérieur du castrum de Belpech. D’autant plus que cette suzeraineté reste inexpliquée et durait depuis une date indéterminée.

            Ce constat n’est pas nouveau, Edouard Laffont le faisant également au XIXe siècle, en rappelant que la question était déjà « insoluble au XVIIe siècle ». Louis XIII avait en effet ordonné dans le cadre d’une enquête sur les usurpations de biens ecclésiastiques, une enquête sur la baronnie de Belpech-Garnaguès. Gaspard Sorèze, conservateur des titres et documents de son archevêché, en fut chargé. Il concluait que les châteaux de Belpech et de Gaudiès appartenaient à l’évêque de Toulouse depuis bien avant Raimond de Rabastens, évêque de Toulouse en l’an 1200, citant sans doute pour preuve la chronique de Guillaume de Puylaurens, et que c’était les seigneurs de Belpech qui s’étaient emparés de son château. Il ne découvrit aucune trace des titres constitutifs de cette suzeraineté dans les archives de l’archevêché et ne put donc appuyer son hypothèse sur une charte antérieure au XIIIe siècle. Cette enquête ne donna donc aucun éclairage sur les origines de cette suzeraineté.

            Par ailleurs, Edouard Laffont pense que la suzeraineté de l’évêque était une sorte de bénédiction au vu de la situation de la région au début du XIIIe siècle. Ainsi, dit-il, « alors que les bandes pillardes d’aventuriers allemands, wallons, français, bourguignons, envahissent le midi », et spécialement la vallée de l’Ariège, « Belpech et ses entours restèrent indemnes ». Il est effet possible que lorsque les seigneurs de Belpech apprirent l’invasion du comté de Carcassonne et la confiscation de nombreux bien dans la région, ils firent un choix stratégique. L’évêque de Toulouse dominait déjà le bourg voisin de Gaudiès, disposait de nombreux droits dans les environs de Belpech et en disputait d’ailleurs certains avec les seigneurs de Belpech. Il était également avant tout un allié des croisés. Ces derniers ne se risqueraient donc pas à toucher à son domaine temporel. De plus, l’évêque était également un seigneur qui ne refusa sans doute pas d’étendre l’influence de l’Eglise par la domination du castrum voisin. Il est donc possible que les seigneurs de Belpech aient réalisé une sorte d’échange de bons procédés pour assurer la stabilité de leur seigneurie dans cette période de trouble. Ainsi, en cédant la domination du castrum de Belpech à l’évêque de Toulouse, ils gagnaient la garantie d’une sauvegarde de toutes leurs terres et l’évêque faisait d’eux ses vassaux et pouvait ainsi mieux les contrôler.

            La deuxième moitié du XIIe siècle marque donc également le retour à des choix stratégiques d’ordre local. Le retour dans l’entourage du comte de Foix et la nouvelle suzeraineté de l’évêque de Toulouse semblent en effet manifester une volonté de sauvegarde de leurs alliances proches, du point de vue territorial, et des biens de leur seigneurie.

***

            Cet examen des chartes du XIIe siècle et du début du XIIIe siècle a mis en lumière deux tendances des seigneurs de Belpech. Tout d’abord une tendance à l’indépendance caractérisée par la présence de Bertrand II de Belpech dans l’entourage des Trencavel dans la première moitié du XIIe siècle, mais aussi par les relations que les seigneurs de Belpech entretiennent avec l’abbaye de Vajal et l’évêque de Toulouse. En effet, un réel rapport de concurrence semble s’établir entre seigneuries laïques et ecclésiastiques, les obligeant à adopter une position plutôt équivoque vis-à-vis de ces dernières. De fait un climat de défiance, voir même d’hostilité s’installe entre les seigneurs de Belpech, l’abbaye de Vajal et l’évêque de Toulouse. Néanmoins, cette stratégie de cavalier seul ne peut fonctionner sans l’aide de quelques alliés et c’est à partir de ce constat qu’une deuxième tendance se dégage. Le retour des seigneurs de Belpech dans le premier rang de la noblesse fuxéenne dans la deuxième moitié du XIIe siècle, révèle peut être un besoin de reconsidérer quelques appuis dans les grandes seigneuries voisines de Belpech et auprès du comte de Foix. Ce besoin d’alliance se retrouve d’ailleurs sans doute dans le rapprochement timide qu’opère Raimond Fort avec l’abbaye cistercienne de Boulbonne, nouvelle actrice de taille dans la région de Belpech. Enfin, alors que d’anciennes alliances se renouent, que certaines se créent et que d’autres se défont, les bouleversements que subit le Midi à partir de 1209 semblent définitivement faire pencher la balance stratégique en faveur des alliances, voire de la soumission. Ainsi, nous imaginons que le contexte de la croisade a pu favoriser la prise de pouvoir de l’évêque de Toulouse sur le castrum de Belpech. Malgré cette vassalité nouvelle, nous avons pu voir que l’étendue des possessions des seigneurs de Belpech leur permet de conserver un statut important dans la région. En effet, ce que nous suggéraient les chartes du XIe siècle est maintenant pleinement attesté par celles du XIIe siècle : les seigneurs de Belpech sont un lignage puissant dont l’influence s’étend bien au-delà de leur castrum. De plus, même si quelques doutes subsistent sur leur position économique, l’ensemble de leur seigneurie devait leur apporter un certain nombre de bénéfices. Loin de se cantonner à quelques droits, elle s’étendait sur les terres de l’abbaye de Vajal, à Trémoulet, à Canens et à Tresmezes. Enfin, le pouvoir de ce lignage repose depuis la seconde moitié du XIIe siècle sur une fratrie. Parmi ces frères, si certains devenaient moines, d’autres ne semblaient reculer devant rien pour assoir leur pouvoir.

 

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